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Sur le Linky

 

 

Compte rendu de la réunion du groupe local EELV de Montreuil, tenue le 14 novembre 2016 sur le sujet

 

La municipalité de Montreuil s'est déjà prononcée en juillet 2016 sur le déploiement du compteur Linky qui doit se dérouler sur la ville de janvier 2017 à décembre 2018. Elle a renvoyé sa décision à la publication du rapport sur les conséquences pour la santé que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) doit publier (la parution du rapport est aujourd'hui annoncée avant la fin 2016).

Linky est le nom du compteur « communicant » développé par Enedis (anciennement ERDF) , principal gestionnaire du réseau électrique de distribution en France, en application de directives européennes préconisant la généralisation de ce type de compteurs. Le 17 août 2015, la loi relative à la «transition énergétique pour la croissance verte » (c'est son nom) est promulguée et prévoit la généralisation des compteurs communicants pour l'électricité. Il est prévu qu'il intègre trente-cinq millions de foyers français à l'horizon 2021.

 

Outil de régulation

Linky n'est pas vraiment intéressant pour le consommateur. Il l'est pour le producteur et le distributeur d'électricité qui doivent gérer des pics de consommation durant l'année et la journée, avec des risques de surchauffe, voire de panne du réseau. Le développement des énergies renouvelables, par définition intermittentes et aujourd'hui non stockables (ou quasiment), implique pour un réseau connecté à grande échelle des outils de régulation ; il est pour le producteur et le distributeur important de pouvoir moduler la consommation afin de lisser les pics de consommation et d'éviter les ruptures. Linky est un des outils prévus pour cela.

 

Déploiement mal engagé

Toutefois, la mise en place en France des premiers compteurs a rapidement posé des problèmes. D'un côté, Enedis, héritier des grands corps d'Etat, a mal engagé le déploiement. Il a d'abord menti en affirmant que le nouveau compteur aller permettre au consommateur de suivre sa consommation et de faire des économies. Ce qui est faux : il aurait fallu intégrer les fonctions d'un boîtier de suivi continu des consommations, boîtier qui existe mais qu'il faut se procurer à part, moyennant son achat, et faire de la pédagogie, donner plus d'informations aux clients, ce qui n'a pas été fait. La mise en place pratique des compteurs dans les logements s'est aussi heurté ça et là à des conflits musclés entre les ouvriers installateurs (le plus souvent des salariés d'entreprises sous-traitantes) et des clients refusant la pose du compteur chez eux.

 

Exploitation politique

Ces mauvaises préparation et mise en œuvre du déploiement du Linky ont généré une hostilité qui s'amplifie. Les erreurs d'Enedis ont engendré des doutes, des craintes puis des peurs, plus ou moins instrumentalisés politiquement, surtout à l'échelle des communes (pour l'instant). A Montreuil, les groupes d'opposition municipale (Brardistes et droite) mène le combat politique. Ce peuvent être d'autres forces politiques ailleurs, en fonction de la situation locale (car en général, les communistes et la droite sont favorables au déploiement du Linky). 

 

Des questions importantes sans réponse

Les questions soulevées sont cependant importantes, et tant qu'elles restent sans réponses crédibles, plusieurs municipalités ont formulé des vœux, des arrêtés ou autres délibérations demandant un moratoire sur la pose du compteur.

Ainsi la ville de Bondy a-t-elle pris un arrêté en juillet 2016, sur l'initiative de Boudjemaa El Kasmi, adjoint EELV à la maire, chargé de la préservation du patrimoine et du développement durable, et ce suite à une réunion sur le sujet organisée par l'association Bondy Ecologie, présidée par le militant EELV Alain Boucher.

L'arrêté (attaqué par la suite par le préfet) décide le moratoire sur le déploiement du compteur Linky à Bondy dans l'attente de réponses sur trois thèmes :

  • la responsabilité des communes – propriétaires des compteurs – en cas d'incendie dû à une défaillance matérielle (cas d'incendies constatés lors de la phase d'expérimentation) ;

  • l'innocuité sur la santé : question soulevée par l'utilisation d'un courant porteur en ligne (CPL) stimulé par 1500 impulsions /jour pour le recueil des données et circulant à moins de deux mètres des habitants dans la plupart des logements (émissions de micro-ondes) ;

  • l'impact économique de la démarche, avec le coût encore mal estimé pour les foyers, notamment les plus vulnérables.

 

D'autres questions sont soulevées, comme sur la décision de l'Allemagne et de la Belgique qui, jugeant non rentable le déploiement d'un compteur de même type chez les particuliers, le réservent aux gros consommateurs, principalement les entreprises. Ce qui pose la question en France de la rentabilité de la démarche à l'échelle nationale (coût annoncé : 7 milliards d'euros), voire celle de l'affectation d'un tel budget à des opérations alternatives à grande échelle pour la diminution des consommations électriques. Une autre question soulevée, plus fondamentale, pose l'intérêt et les conséquences sociétales du concept de « cité connectée », avec la gestion (confidentialité, divulgation...) des données personnelles recueillies via le compteur.

 

Moratoire

De la discussion ressort que, malgré l'intérêt technologique et économique que pourrait avoir le déploiement d'un compteur de type Linky, celui-ci et le début de sa mise en place en France soulèvent des questions légitimes encore sans réponses et suscitent en réaction une opposition plus ou moins rationnelle et plus ou moins socialement et politiquement instrumentalisée.

A l'heure où les institutions et pouvoirs publics sont soupçonnés de ne pas assez prendre en compte l'intérêt et l'avis des populations, le moratoire en attente de réponses aux questions légitimes posées en matière de santé, d'économie, de responsabilités et de protection des données, semble la position la plus sage. Il laisse théoriquement ouvertes les deux voies de l'arrêt ou de la poursuite du déploiement (modification ou non du texte de loi correspondant) et vise à passer les échéances électorales nationales du printemps 2017, propices à l'instrumentalisation des craintes et des attitudes hostiles.

 

Une démarche à valoriser

La demande d'un tel moratoire serait politiquement valorisée par la proposition d'une campagne municipale d'apprentissage d'écogestes pour la réduction des consommations domestiques d'électricité, la revendication d'un plan de sortie du chauffage électrique des foyers en état de précarité énergétique et la réaffirmation de la nécessité d'un ambitieux programme national d'isolation thermique des logements.

 

 

 

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