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Rapport de la Cour des Comptes sur le coût du nucléaire.

 Le quatrième mythe du nucléaire à la française s’effondre

Le rapport publié par la Cour des Comptes sur le coût du nucléaire français est riche d’enseignements.

Difficulté d'estimation des coûts
Tout d’abord, le rapport, met le doigt sur les difficultés à estimer le coût du kWh nucléaire, à cause de l’opacité dont font montre EDF et AREVA, qui disposent des données principales et minorent systématiquement les dépenses engagées. En cause aussi, la grande difficulté à évaluer le coût du démantèlement. Pour rappel, le démantèlement de la centrale de Brennilis, dans le Finistère, qui a arrêté de fonctionner en 1985 (!), est toujours en cours, et a coûté, pour le moment, plus de 500 millions d’euros. En cela, le rapport vient conforter ce que disent les écologistes depuis plus de trente ans. Il est grand temps que l’industrie nucléaire ouvre ses portes à des experts indépendants, une proposition qui a d’ailleurs été reprise, dès mercredi, par Nathalie Koscisuzko-Morizet.

Intégrer le côut de la recherche
Malgré cela, la Cour des Comptes estime le coût du kWh nucléaire actuel à près de 60 centimes si l’on intègre la recherche. C’est beaucoup plus cher que le prix facturé par EDF aux consommateurs. Et cette différence, c’est l’Etat qui la paie, pour défendre un choix industriel monolithique contre vents et marrées. En outre, si, comme le souhaitent EDF et le gouvernement, on renouvelle le parc nucléaire avec des réacteurs du type EPR, la Cour des Comptes estime que cela va presque doubler le prix de l’électricité en France, ce qui mènerait à un coût supérieur à l’électricité éolienne aujourd’hui et solaire d’ici cinq ans.

Le mythe du nucléaire pas cher s'effondre
Sur le fond, c’est un rapport extrêmement important. Il vient mettre à bas le quatrième mythe du nucléaire à la française. Après l’effondrement du mythe du nucléaire «zéro risque» avec Fukushima, l’effondrement du mythe de l’excellence technologique (qui s’est effondré quand sont apparues clairement les retards, problèmes de sécurité et autres malfaçons qui se sont accumulés sur le site de Flamanville), et l’effondrement du mythe social (pour rappel, le choix des économies d’énergie et du renouvelable en Allemagne a déjà créé 350 000 emplois, contre 150 000 pour le nucléaire en France). Aujourd’hui, c’est le mythe du nucléaire pas cher qui s’effondre enfin.

Entamer d'urgence la révolution énergétique
Il est donc plus qu’urgent d’entamer dès aujourd’hui la révolution énergétique qu’EELV appelle de ses vœux. En investissant massivement dans les économies d’énergie (c’est pour ça que nous nous battons, notamment, pour que les commerçants montreuillois ne laissent pas leurs portes grandes ouvertes en hiver) ; en lançant un programme de rénovation thermique des bâtiments (il est grand temps d’en finir avec ces grille-pains que sont les radiateurs électriques). Et en développant une filière de production d’énergie renouvelable en France. Ces mesures auront non seulement l’avantage de réduire la facture électrique des français, de supprimer le risque nucléaire, de combattre le réchauffement climatique, mais aussi de créer un million d’emploi (sur 3,5 millions de chômeurs, faut-il le rappeler…).

Ce changement ne se fera qu’à condition que les écologistes réussissent leurs campagnes présidentielle et législative, de manière à peser sur la future majorité de gauche. Ce printemps 2012 est de toute importance.

 

 

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