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A propos de l'expulsion des maliens de la place de la République

Le mardi 2 décembre au matin a eu lieu l’expulsion des SDF (expulsés récemment du 65 Voltaire) réfugiés dans le square de la République. 11 cars de CRS sont arrivés à l’aube, les CRS ont saisi les tentes une à une, ont broyé les affaires ( cf photo ci dessous, square de la République, le mardi 2 décembre).

Depuis longtemps mais plus encore depuis 2 ans arrivent sur le territoire de la commune des réfugiés chassés par la misère, la guerre, souvent en groupe.

Au cours de l’hiver 2013, ce fut ainsi plus de 200 personnes qui étaient quasiment apparues du jour au lendemain.

Ces personnes échoient ici sans attache, ni repère, déracinées, n’ont pas de familles pour les accueillir et s’installent dans la rue, des squats de fortune, des bidonvilles.

Ce problème tragique risque encore de s’aggraver compte tenu de la situation économique, politique, climatique de nombre de nos pays voisins et voire même lointains lorsqu’on pense aux réfugiés afghans des camps de Sangatte.

L'hébergement d'urgence est de la compétence de l'Etat. Il a du personnel, des lignes budgétaires, des dispositifs. On peut juger qu’il n’a pas assez de moyens, qu’il n’est pas assez réactif, qu’il est débordé, mais il a des possibilités d’agir directement, pas la commune. La commune s'occupe des écoles et de plein de choses importantes pour la vie locale, mais pas de l'hébergement d'urgence, ni des autoroutes, ni de l’armée.

Comment faire, comment essayer alors de pallier à ces situations douloureuses, inhumaines ? Comment rester impassible devant de telles conditions d’arrivée en France ?

Depuis 2 ans, il faut saluer l’engagement des collectifs nés autour de riverains, des habitants de Montreuil qui luttent, sont solidaires, apportent des couvertures, de l’argent, à manger et essaient jour par jour de trouver des solutions, s’engageant ainsi dans un soutien humanitaire et de proximité avec ces personnes.

La municipalité de Dominique Voynet face à ce problème avait quant à elle tenté de se montrer responsable et dans le soutien.

Elle a cherché des solutions, ouvert des gymnases, négocié place par place avec le préfet, une fois 80 places ont été trouvées du jour au lendemain dans des foyers d’accueil. Elle s’est appuyée sur des réseaux, des associations pour tenter de ne pas rester ni insensible, ni passive. Elle a surtout en parallèle mis en place des solutions et des politiques structurantes : logement passerelles, MOUS, transformation d’un squat en gestion collective (LES SORINS)

D’ailleurs, aujourd’hui, certaines de ces personnes migrantes aidées ont trouvé un travail, sont en train d’obtenir des papiers.

Comment dès lors comprendre ce qui s’est passé le 2 décembre ? Comment interpréter que la majorité municipale actuelle ait pu réaliser cette expulsion alors que plusieurs de ses élus, autrefois dans l’opposition s’empressaient de signifier que la majorité Voynet ne faisait, rien ou pas assez vite, pas assez bien ?

On peut comprendre la colère des habitants, des collectifs de soutien, alors qu’il eut été possible de continuer à réfléchir à des solutions pour ces 19 personnes restantes.

Aujourd’hui, ces personnes, ne sont plus dans le square, elles sont sur le trottoir, à l’angle du square, rien n’a changé pour la ville et l’espace public, mais pour ces personnes, le peu qui avait été un peu gagné a été perdu.

Nous demandons donc à la municipalité actuelle de prendre maintenant ses responsabilités, avec ses moyens qui sont les siens, limités, car il n’y a pas de budget pour cela mais au moins que le Maire, ses équipes se mobilisent et ce avec le collectif de soutien, le Député qui s’est engagé pour permettre de trouver des solutions qui soient dignes pour ces personnes.

Florence Fréry

Le 10 décembre 2014.



 

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