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Portrait : Ecologiste et militant pour les droits de l'Homme en Russie

C’est en 1999, à Moscou, qu’Alexis Prokopiev, assistant à une manifestation de Greenpeace, prend conscience des liens entre la lutte pour la défense de l’environnement  et la défense des droits de l’Homme. Il a 16 ans.  Aujourd’hui, il habite Montreuil, où il milite pour Europe Ecologie-Les Verts. Nous l’avons interviewé.

Bonjour Alexis. Nous faisons régulièrement des portraits de militants pour « le citron vert », site du groupe local montreuillois d’EELV. Tu es  bien connu des militants d’EELV, mais ton parcours intrigue. Est-ce que tu peux nous en  parler ? 

Alexis – Je suis né à Moscou le 9 mai 1983. Je suis fier du fait que ça tombe le jour de la fête de l’Europe, et c'est aussi un jour important en Russie car c'est le 9 mai que les Russes fêtent la victoire de 1945. Mon enfance a donc été rythmée par les feux d'artifice et les défilés...

Le citron vert – Effectivement, ce sont de drôles de hasards. Mais qu’as-tu vécu de l’histoire de la Russie ?

Mon père était russe, et ma mère ukrainienne. Je me souviens encore de la fin de années 80, des pénuries, des queues pour acheter du savon ou du saucisson, puis de la chute de l'URSS : les chars dans le centre-ville, le couvre-feu, et le début de la période Eltsine avec ses espoirs et ses échecs.

Et tu es venu en France ?


La situation était très compliquée en Russie. Nous sommes arrivés en 1995 à Montargis, dans le Loiret. A l'époque je ne parlais pas français. Je suis donc allé dans une classe de « primo-arrivants », c'est un excellent souvenir car ça permet aux jeunes étrangers d'apprendre vite la langue. En un an je parlais déjà correctement. J’ai donc suivi une scolarité normale, avec juste un an de retard.

Ensuite ?

J’ai suivi mes études jusqu’au bac au Lycée en Forêt à Montargis. Si vous interrogez mes anciens enseignements ils vous diront que je n'étais pas particulièrement brillant. C'est vrai, sauf pour certaines matières, qu'à l'époque je m'intéressais beaucoup plus au sport, je faisais du football, et à la musique, je voulais être dans un groupe de rap.

Tu as eu ton bac, donc.

Oui, j’ai passé un bac ES, à Montargis toujours. Mais j’ai aussi passé un bac en Russie par correspondance, un bac international. C'est ce qui m’a permis de rentrer directement à Sciences Po Paris, au cycle est-européen de Dijon. C'était en 2002. C'est aussi l'année des timides débuts de mon engagement politique : après le 21 avril 2002 j'ai décidé d'adhérer chez les Verts car le projet de l'écologie politique représentait, et représente toujours, pour moi celui qui s'oppose le mieux aux idées de l'extrême droite.

Et après ?

Après, c'est une troisième année passionnante à l'Université Charles à Prague, avec plein de belles rencontres. C'est aussi le début des contacts avec les ONGs de défense des Droits de l'Homme qui se sont poursuivis lors d'un stage à Moscou en 2005. On peut dire que c'est le début de mon militantisme pour la démocratie et les Droits de l'Homme en Russie.

Et finalement ?

Je suis revenu à Paris en 2005, pour terminer Sciences Po. J’ai fait mon master d’Affaires publiques, avec une spécialité en finances publiques. C'est aussi dans ce cadre que j'ai fait un stage au Sénat, auprès de Dominique Voynet.

Et pendant ce temps-là, tu militais.

Oui. J’ai milité chez les Jeunes Verts, dont j’ai été élu secrétaire fédéral en 2007. Et à Sciences Po, j’ai contribué à créer le syndicat Interzaide-Fac Verte sous l'étiquette duquel j'ai été élu au sein de la Commission paritaire de Sciences Po.

Et tu retournais en Russie ?

Oui, très régulièrement. J’ai toujours de la famille à Moscou, et aussi en Ukraine.

Comment ça se passe quand tu vas en Russie ?

C’est toujours un peu délicat, les autorités me connaissent. Pour l’instant, j’ai droit à des contrôles d’identité sérieux  à la frontière. Mais on se contente de me poser quelques  questions, et on me laisse tranquille. Mais beaucoup de mes amis  ont fait de la prison, pendant 10-15 jours, à cause de leur engagement militant ou politique.

Est-ce que tu interviens sur ces questions-là ?

Je suis toujours militant pour les droits de l’Homme en Russie. En 2012 j’ai fondé, avec d'autres, l’association Russie-Libertés. On organise des manifestations, des conférences, des concerts... avec comme objectif de sensibiliser et de réveiller les consciences sur la situation en Russie. Récemment nous avons publié un rapport sur la corruption en Russie et nous avons fait campagne pour la libération des prisonniers politiques. Ne pas laisser faire Poutine, soutenir les militants russes, c’est aujourd'hui indispensable aussi pour la défense des libertés en France et en Europe, car ces libertés sont menacées par l'alliance entre Poutine et les nationalistes occidentaux.

Tu as milité aussi à Montreuil. Comment es-tu arrivé à Montreuil ?

Avec ma famille nous avons déménagé à Montreuil en 2002, c'est là que j'ai adhéré aux Verts. Après j'ai pas mal bougé pour revenir en 2007, pendant la campagne présidentielle de Dominique Voynet. Après j'ai fait campagne pour elle à Montreuil en 2008 et comme vous le savez ce fut une vraie réussite.

Et depuis ?

J’ai été co-secrétaire du groupe local de Montreuil de 2008 à 2011, puis j’ai commencé à travailler comme responsable des questions économiques pour France Nature Environnement. Après les élections de 2012, j’ai postulé pour le poste de conseiller du groupe parlementaire Ecologiste à l’assemblée nationale en charge de la Commission des finances, poste que j’occupe actuellement.

Et toujours tu portes le projet éco-politique.

Oui. Pour moi, la défense de l’environnement est un humanisme. Le projet de l’écologie politique c'est la solidarité, l'écologie mais aussi la liberté et l'égalité des droits, je m'y retrouve donc parfaitement.

Merci, Alexis, pour cette interview.



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