Jump to Navigation

Nucléaire-1-Les unités de radioactivité

Microsieverts, millibecquerels, curies, rads : mode d'emploi pour s'y retouver dans la jungle des unités de mesure de la radioactivité.

Supposez que l’on mesure près de chez vous une radioactivité de 2 mSv/an. Que faites-vous ?

A priori, rien !

Deux millisieverts par an (c’est la signification de 2 mSv/an), c’est tout-à-fait normal en France. C’est même en dessous de la moyenne, qui est de 2, 4 mSv/an. Il s’agit là de la radioactivité naturelle, celle qui nous vient des étoiles, des roches sur lesquelles nous marchons, ou avec lesquelles nous bâtissons nos maisons, et même de notre propre corps.

Cette radioactivité naturelle provient en partie des éléments radioactifs présents dans les roches, à très faibles doses. L’air contient aussi des gaz radioactifs qui se forment en haute altitude sous l’effet des rayons du soleil, par exemple le fameux carbone 14 des archéologues. La radioactivité naturelle est très variable : en France elle passe de 1,5 à 6,0 mSv par an selon les régions. Elle est nettement plus élevée en Bretagne ou dans le Limousin, du fait de la richesse du sous-sol en granite.

Pourquoi ces valeurs ont-elles un intérêt ? Elles peuvent servir de point de référence pour les doses de radioactivité que nous recevons de façon artificielle. Mais avant de se pencher sur les effets des centrales nucléaires ou des radiothérapies, il faut faire un petit détour dans la jungle des unités de mesure. Microsieverts, millibecquerels, curies, rads, il y a de quoi s’y perdre ! Ce foisonnement contribue à la complexité de l’information dans ce domaine…

Becquerel (Be) : nombre de désintégration par seconde (les vieux militants nucléaires utilisaient les Curie, mais cette unité a été abandonnée). On parle souvent de becquerels par kilo (de nourriture), par mètre carré (de sol) ou par mètre cube (d’air).

Gray (Gy) : c’est l’énergie absorbée rapportée à un certain poids (autrefois on parlait de Rad). Elle est peu employée dans l’industrie nucléaire, mais est l’unité de base en médecine, pour le fortes irradiations utilisées pour la radiothérapie.

Sievert (Sv): c’est aussi une mesure de l’énergie absorbée par kilogramme, comme le Gray, mais cette unité tient compte des effets biologiques du rayonnement. En effet, chaque type de rayonnement (par exemple alpha ou bêta) produit des effets différents sur nos organes. On tient compte de ces effets et de la sensibilité des organes pour estimer des « doses efficaces ». Une mesure exprimée en Sievert permet d’évaluer le risque biologique associé (les premiers Verts parlaient en Rem).

On peut comparer la radioactivité à un enfant qui lance des balles : les becquerels représentent le nombre de balles lancées, les grays, l’énergie d’impact des balles reçues et les sieverts, l’effet final, selon que les balles ont touché la main ou la tête du receveur !

Les becquerels sont faciles à mesurer (par exemple avec un compteur Geiger) mais il est compliqué de passer des becquerels aux sieverts et inversement.

Les organismes officiels donnent les mesures effectuées en becquerels et en sieverts, ou en fractions de ces unités. Un sievert est une très forte irradiation. On utilise donc plutôt les millisieverts, millièmes de sieverts, ou les microsieverts, millionièmes de sieverts. On s’en sert pour exprimer des doses reçues lors d’une irradiation ponctuelle, mais aussi pour une irradiation chronique. On parle alors de millisievert par an ou de microsievert par heure. Ainsi l’irradiation naturelle moyenne en France est-elle de 2,4 mSv/an ou 0,3 µSv/h.

 

 

 

 



Main menu 2

Souscrire au Citron Vert - Montreuil RSS
by SEMI-K.