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Lunettes Vertes : L’intervention française au Mali

Le 21 janvier dernier, la salle des fêtes de l'hôtel de ville accueillait une soirée de solidarité envers le peuple malien. Autour de la Maire Dominique Voynet, et du député Razzy Hammadi, Harlem Désir, premier secrétaire du parti socialiste, Pascal Durand, secrétaire national d'Europe Ecologie Les verts, Robert Hue et d'autres leaders de la gauche ont rencontré des responsables de la communauté malienne de France. L'occasion d'évoquer des pistes pour des actions de solidarité durables et une coordination nationale »

A cette occasion un responsable associatif « malien », a comparé la guerre au Mali, à une maison qui brûle. Selon cette personne, je cite « lorsqu'une maison est en feu, il était urgent d'éteindre d’abord l'incendie avant d’en chercher la cause ».

Rappelons à la mémoire du peuple malien, leur concours au peuple français pendant l'occupation allemande au cours des deux dernières guerres mondiales au prix de leur sang pour la libération de la France... Échange de bons procédés dirons-nous !!!

A ce titre, l’intervention française est justifiée pour empêcher les « terroristes » à occuper tout le Mali ; cette occupation qui pourrait s'étendre à tous les pays voisins....

 

Le seul bémol qui suscite l'inquiétude du peuple (ou de certaines personnes), se situe dans les différentes informations reçues avant le déclenchement de cette guerre.

Il nous avait été notifié que la France n'interviendrait jamais dans ce conflit, son rôle se limiterait à une assistance logistique, et qu'il n'était pas question d'avoir une armée française au sol (ou des soldats français au sol)... etc.

L'autre inquiétude du peuple c'est de savoir pourquoi la France est-elle toute seule engagée dans cette guerre ? Pourquoi les autres pays européens sont-ils absents ? Quelle est le positionnement des U.S.A ? Où sont passées les armées des pays d'Afrique ? Pour cette dernière interrogation nous pensons avoir une piste de réponse...

 

Nous avons l'intime conviction que la France s'est fait « piéger » par cette intervention, car cette guerre pourrait devenir infernale et être « un gouffre » ou une histoire sans fin pour l'armée française....

Rappelons que la France était jadis favorable à une autonomie des Touaregs du nord Mali en cautionnant leur revendication de sécession …

Nous pensons sincèrement que les multiples problèmes en Afrique sont liés à ses différentes ethnies à travers lesquelles chaque groupe se reconnait et qui divisent ainsi ces peuples des pays africains. Pour tous ceux qui ont pour règle « le diviser pour régner », se « frottent les mains », car ils trouvent dans ces pays africains une « aubaine » pour « implanter ou instaurer leur politique « mercantile »…

Nous constatons donc, que ces mouvements djihadistes et Touaregs, soutenus hier dans leur action par la France, ont gagné en confiance, et se sont donc autorisé à commettre des pires exactions, atrocités, et destruction des joyaux historiques malien ... Toujours confiant, ils voulaient donc conquérir tout le Mali...

 

La France doit donc faire face à ses erreurs stratégiques en Afrique.

 

Cela nous amène à tenter de répondre à notre interrogation sur la non présence de l'armée africaine.

Quand l'on nous apprend que le Togo, un pays africain a envoyé 40 militaires au front pour cette guerre au Mali, cela peut faire sourire. Mais lorsque l'on prend la peine de creuser, on se retrouve encore face à une des nombreuses erreurs stratégiques de la France dans ces pays d'Afrique.

Rappelons qu’à la veille des indépendances africaines « des accords de défense » furent passés entre la France et certains pays africains...

 

Pour résumer ses soit disant « accords », nous avons eu l'occasion de les rappeler dans nos textes précédents, notamment le texte sur « lafrançafrique ». Notre idée était que si l'on dit à une personne ou à un pays de ne pas s'inquiéter, et que l'on veillera sur sa sécurité, à quoi bon s'étonner que cette personne ou ce pays ne prenne aucune disposition pour sa défense ?

 

Prenons l'exemple de l'Accord de Défense entre les gouvernements de la République française, de la République de Côte d'Ivoire, de la République du Dahomey (actuel Benin), et de la République du Niger du 24 Avril 1961 : «  établit l'installation de forces militaires françaises dans ces trois pays, leurs faciliter de circulation et des utilisations des infrastructure » et évoque des « « accords spéciaux» au terme desquels ces trois pays peuvent demander l'aide de la France en matière de Défense. La deuxième annexe de cet accord de Défense, concernant les « matières premières et produits stratégiques » (hydrocarbure, uranium ,etc. ), stipule que ces mêmes pays « pour les besoins de la Défense, réservent par priorité leur vente à la République française, après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, (les africains vivent dans la famine), (ou les africains ont faim), et s'approvisionnent par priorité auprès d'elle » et « lorsque les intérêts de la Défense l'exigent, elles limitent ou interdisent leur exportation à destination d'autres pays ».

 

Presque toute la presse française, dans son ensemble, est unanime pour dire que « porter le costume présidentiel » passe par la «guerre», Hollande serait «devenu Président» après l’intervention militaire au Mali…

Le peuple aurait souhaité que dans cette «tenue» fasse que le chômage baisse, surtout celui des jeunes, dont le Président avait fait sa priorité pendant la campagne ….

 

Soulignons que le « Président actuel du Mali Dioncounda Traoré, n'a aucune légitimité constitutionnelle pour engager le pays dans un accord bilatéral comme le soutient le chef de l'Etat français ». Car ce pays est dirigé par des autorités de transition mises en place après le coup d 'Etat militaire du 22/03/2012 qui avaient renversé le régime du Président Amadou Toumani Touré et précipité la chute du vaste nord du pays aux mains de groupes armés... des djihadistes mais aussi des rebelles Touaregs.

Nous voulons tout simplement souligner que demain, il y aura des élections présidentielles au Mali et que les maliens seront appelés à voter ; nous espérons tout simplement que la France n'ira pas «installer au  pouvoir» le candidat qui protégerait le mieux ses intérêts… Dans ce cas uniquement, le Mali « frère » aujourd’hui, pourrait basculer dans la violence…

Rappelons que les mêmes causes produisent les mêmes effets ; car dans un pays comme la Côte d’Ivoire dans lequel la France avait « installé au pouvoir » le candidat qui pourrait « garantir » au mieux les intérêts de la France, n’est plus une République souveraine ; elle est actuellement devenue « un protectorat » français.

 

Le pouvoir dans ce pays, est aux mains de quelqu’un qui a été donc «installé»  au pouvoir par une force militaire française, ancienne puissance coloniale, et qui gouverne dans un système de parti unique. Il s’appuie sur une armée de rebelles et une milice tribale. L’inexistence d’un contrôle du pouvoir exécutif est à noter ; d’où des exactions sur la population, des disparitions, des tortures dans les prisons sans oublier des milliers d’ivoiriens en exil y compris l’emprisonnement de plusieurs dirigeants politiques de l’ancien régime dans des conditions atroces et tout cela dans l’indifférence totale des médias internationaux ; Cela nous donne l’impression d’une forme « d’omerta) car le nouveau pouvoir en France ne fait aucune allusion sur tout ce qui se passe dans ce pays…; C’est un pays «indépendant» que par le nom ; en réalité c’est un «protectorat» ; pour preuve les 34 véhicules de police  «de seconde main» et «bleu blanc rouge» remis par Claude Guéant ancien ministre de l’intérieur, (8 novembre 2011) au nouveau président «élu» à la démocratie «à la française» ! La nomination des dirigeants dans son gouvernement et autres n’échappe pas à la règle : en France, «on nomme les amis et les copains», en Côte d’Ivoire on nomme les frères «de sa tribu». Au nom du «rattrapage ethnique», le Président actuel de ce pays,  «renvoie carrément tous ceux qui ont été nommés par l’ancien pouvoir et qui ne sont pas du Nord, pour les remplacer par des ressortissants du Nord et du Grand Nord ». C’est une «épuration ethnique»…. A cours terme, la langue française qui servait de langue de communication entre les ivoiriens pourrait disparaitre et nous craignons même pour la laïcité de ce pays qui pourrait prendre un coup…C’est encore là une des erreurs stratégiques de la France dans ce pays !

 

Pour rester dans le thème qui nous concerne dans l’intervention française au Mali, il serait intéressant de noter le regard d’un ancien général français : «la guerre au Mali va durer très longtemps et risque de ne pas avoir l’effet escompté». Les craintes viennent des spécialistes français eux – mêmes. Selon le Général français Vincent Desportes, ancien directeur de l’Ecole de guerre «l’armée française est là pour très longtemps». «Dès lors qu’elle s’est engagée, la France est responsable de ce qui se passe dans ce pays. Si elle part, trop tôt et que, dans la foulée, la situation se dégrade, Paris en portera la responsabilité », estime t-il dans une interview publiée par le journal L’express.

Ne nous voilons pas non plus la face, ce n’est pas de la part de la France un acte de « bénévolat » dans cette intervention au Mali, car les odeurs de pétrole, de gaz, et surtout de l’uranium polluent l’atmosphère…

 

D. LEPIEGE (Sociologue)



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