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La biodiversité, à quoi ça sert ?

Tous ces insectes, ces vers, ces poissons, ces oiseaux qui nous entourent à quoi servent-ils ? Avons-nous vraiment besoin de toutes ces espèces ? Et inversement, est-il nécessaire qu’une espèce nous soit utile pour que nous souhaitions la protéger ? Doit-on protéger les baleines ? Et les moustiques ? Et les microbes dangereux ?

• La biodiversité, qu’est-ce que c’est ?

• Pourquoi les espèces disparaissent-elles ?

• Qui doit-on protéger ?

• Pourquoi doit-on sauvegarder la biodiversité ?

• La biodiversité, qu’est-ce que c’est ?

Du point de vue des biologistes, la biodiversité est d’abord le nombre des espèces vivantes, animaux, végétaux et bactéries. On peut considérer un milieu naturel, plus ou moins vaste, ou bien l’ensemble de la flore ou de la faune terrestre.

On compte aujourd’hui sur notre planète plus de 1 500 000 espèces vivantes (plus les microbes).

Le nombre connu d’espèces est inférieur à leur nombre réel, parce que toutes  les espèces n’ont pas encore été identifiées. Il y a plus d’amateurs d’oiseaux que d’amoureux des vers ronds, ce qui explique que le nombre d’oiseaux soit à peu près bien connu, alors que celui des vers augmente régulièrement. Selon les estimations les plus extrêmes, il existerait entre 3 et 50 millions d’espèces, ce qui montre l’étendue de notre ignorance !

Mais ce n’est pas seulement une question d’ignorance : la notion d’espèce est plus complexe qu’il n’y paraît. Ainsi, les orang-outans de Bornéo et de Sumatra sont pour certains spécialistes deux espèces différentes. Une mesure de la biodiversité doit donc tenir compte des varitétés géographiques et même de la diversité génétique individuelle. Cela a des conséquences très concrètes : si l’on veut protéger les orang-outans, il faut s’intéresser aux deux sous-groupes. Légalement, ce sera bien plus facile si on les considère comme deux espèces différentes. La biologie, c’est aussi une question politique !

Enfin, au delà des espèces, on considère aussi les communautés, c’est-à-dire les associations d’espèces dans un milieu donné : une prairie, une mare, une forêt (pour les amateurs, on dit aussi biocénose, ou même écosystème si l’on considère le fonctionnement de l’ensemble, au delà de son inventaire).

Tout au long de l’histoire de la vie, des espèces sont apparues (c’est l’Evolution) et d’autres ont disparu. Il y a eu plusieurs épisodes d’extinction massive (par exemple à la fin de l’ère des dinosaures). On parle aujourd’hui de 6eme grande extinction. En réalité, le nombre connu d’espèces qui ont disparu du fait des activités humaines est assez restreint. En revanche, le nombre d’espèces menacées est très élevé.

• Pourquoi les espèces disparaissent-elles ?

Une espèce disparaît si tous les individus qui la constituent meurent. Sauf dans le cas de quelques grosses bêtes (lions, éléphants, etc), on ne connaît pas l’effectif des espèces. Certaines espèces ont une vaste distribution. Si une population disparaît, l’espèce, elle, subsiste ailleurs. Mais si l’on s’intéresse à la biodiversité au sens large, on tente aussi de protéger les variétés locales. La question peut avoir des conséquences pratiques : si tous les ours des Pyrénées ont disparu et sont remplacés par des ours slovènes, que protège-t-on réellement ?

Parmi les principales menaces, il y a d’abord la destruction des milieux naturels : la forêt équatoriale, les récifs coralliens, les zones marécageuses sont parmi les plus menacés. Les espèces très localisées (endémiques pour les biologistes) sont particulièrement fragiles.

La pollution joue également un rôle, plus au niveau des populations que des espèces, sauf peut-être quelques cas d’espèces peu abondantes et très localisées, comme les bélugas.

La chasse (autorisée ou non) et la pêche ont une responsabilité dans l’état dramatique de certaines espèces. Dans le passé, la chasse est sans doute l’activité qui a provoqué le plus grand nombre d’extinctions (si l’on compte depuis la préhistoire !).

Les introductions d’espèces dans un nouveau milieu peuvent aboutir à des catastrophes. Dans la plupart des cas, le milieu retrouve un équilibre, après un temps plus ou moins long. C’est ce qui s’est passé avec la caulerpe, une algue introduite en Méditerranée en 1984

Le réchauffement climatique pourrait jouer un rôle en fragilisant certaines espèces.

• Qui doit-on protéger ?

La position écolo immmédiate, c’est : toutes les espèces ! Dans la pratique, c’est plus compliqué.

On a envie de sauver le tigre de Sibérie, l’éléphant d’Afrique et la baleine bleue. On s’intéresse moins au sort du boa réticulé ou de la mygale mexicaine. Quant à l’anophèle ou à la mouche tsé-tsé, on peut se demander si leur disparition totale ne serait pas souhaitable (à défaut d’être capables de le faire pour l’instant, les zoologistes discutent en tout cas des conséquences qu’aurait une telle extinction !).

On cherche plutôt à protéger les milieux que les espèces, puisque leur survie en milieu naturel suppose qu’ils en aient un (de milieu…). La protection d’une partie de la forêt atlantique brésilienne a permis de sauver le tamarin-lion doré (un petit singe), mais aussi toutes les bestioles qui vivent dans le même environnement.

Si l’on finance un parc naturel destiné à protéger le panda (au hasard), il ne restera plus d’argent pour protéger le rhinocéros de Java (au hasard, aussi). Lorsqu’on sauve trois baleines prises par les glaces, c’est un choix médiatique, mais c’est aussi un choix négatif pour d’autres mesures de protection qui auraient pu être financées. Ne pas se poser la question des choix aboutit à se les faire imposer par l’actualité.

• Pourquoi doit-on protéger la biodiversité ?

Certains êtres vivants nous sont indispensables : les microalgues planctoniques qui produisent l’oxygène de l’air, les vers qui fertilisent les sols, les bourdons qui pollinisent les fleurs, les plantes des marais qui atténuent les inondations… Ces fonctions biologiques sont souvent oubliées ou minimisées, alors que notre vie quotidienne en dépend.

On peut aussi s’intéresser à ce que nous fournissent quantités d’espèces : toxines éventuellement utilisables en médecine, biopolymères susceptibles de remplacer les produits pétroliers, plantes ou microbes dépolluants, etc. Aujourd’hui, on n’a pas besoin d’exploiter ces espèces lorsqu’on peut synthétiser les substances qu’elles produisent, mais si elles disparaissent on perd avec elles toutes ces informations.

Bien souvent, nous ne savons pas réellement comment fonctionnent les écosystèmes et nous ne pouvons pas prévoir les conséquences des dégradations dont nous sommes responsables. Certaines disparitions passent inaperçues parce que l’espèce en question est aussitôt remplacée par une autre. Dans d’autres cas, l’équilibre est déplacé ou bouleversé. Difficile à pronostiquer ! Eviter les disparitions est aussi une façon de réduire le risque de catastrophe biologique.

Tout cela est très utilitaire, mais il ne faut pas oublier le plaisir de la découverte et de la contemplation de la flore et de la faune. Si les merveilles du monde vivant ne sont pas apparues dans le simple but de susciter notre enchantement, il serait dramatique, après la disparition de la dernière baleine bleue et de la dernière orchidée, de ne plus avoir à contempler dans les siècles à venir que des rats, des blattes et des orties…

 

 

 

Nombres d’espèces vivantes identifiées

Plantes chlorophylliennes (mousses, fleurs)  270 000

Éponges   10 000

Cnidaires (coraux, méduses…)   9 000

Plathelminthes (vers plats)  13 780

Nématodes (vers ronds)  20 000

Annélides (vers annelés)  14 360

Mollusques (escargots, bivalves…)  117 045

Échinodermes (oursins, étoiles de mer…)  6 000

Insectes  830 075

Arachnides (araignées)  74 445

Crustacés  38 839

Myriapodes (mille-pattes)  12 050

Poissons  24 565

Amphibiens  4 975

Reptiles  7 165

Oiseaux  9 672

Mammifères   4 496



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