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Fribourg Cité Verte

Il suffit de traverser le Rhin et ce qu’il reste de frontière, pour arriver quelques kilomètres plus loin à Fribourg, cité verte.

 

Fribourg, Freibourg im Breisgau en allemand, est une ville de 220000 habitants. Elle est située sur le versant ouest de la Forêt Noire, massif montagneux qui fait face aux Vosges sur le versant allemand de la plaine du Rhin. Proche de l’Alsace par la géographie et par une histoire mouvementée d’occupations réciproques, la ville est entourée de verdure, de vignobles, et de forêts depuis les contreforts du massif jusqu’à ses sommets (1500m).

Ville libre et bourgeoise depuis le 12ème siècle, Fribourg est aujourd’hui une ville universitaire fréquentée par 20000 étudiants. Elle est aussi considérée comme un modèle en matière de politique environnementale. De nombreux visiteurs s’y rendent chaque année pour y observer les innovations, participer à des salons, des forums ou des expositions, et y gouter un art de vivre.

 

A l’origine, une lutte victorieuse en 1976 contre l’implantation d’une centrale nucléaire, qui fait se rencontrer plusieurs tendances politiques parfois hétéroclites. Depuis, le débat démocratique, les mobilisations et initiatives citoyennes ont sans cesse été parties prenantes des avancées politiques, économiques, urbanistiques, et sociales de la ville, pour aller vers un développement durable.

 

Dès les années 80, le développement urbain est conçu en prenant en compte le respect de l’environnement. L’objectif de la politique des transports a été la prévention du trafic, en choisissant d’aller vers une ville plus compacte, privilégiant les déplacements courts et la mobilité douce. Ainsi, les municipalités successives ont développé jusqu’à aujourd’hui un réseau de 500 km de pistes cyclables, sans doute le plus long d’Europe en proportion du nombre d’habitants. Parkings à vélo et places de stationnement sont installés aux endroits stratégiques de la ville. Parallèlement, la ville a développé un réseau de transports en commun, tram et bus, en augmentant la fréquence des désertes et en instaurant des tarifs attractifs. La fréquentation des transports en commun a augmenté de 140% ces dix dernières années, tandis que la part des déplacements motorisés passait de 60% à 37%. Aujourd’hui, Fribourg est la ville d’Allemagne comptant le moins de voiture par habitant (423 pour 1000).

 

Dès 1986, la ville apporte son soutien au développement de l’énergie solaire à travers des programmes de financements, des interventions sur le foncier, et des aides aux projets.

Aujourd’hui, Fribourg héberge un réseau important de centre de recherches, dont le plus grand institut de recherche d’Europe sur le solaire. En interaction avec les centres de recherche s’est constitué un réseau de fabricants, dont le plus célèbre, Solar Fabrik, produit des panneaux photovoltaïques. Dans le même temps et autour de ces entreprises phares se sont créés des entreprises sous-traitantes et des prestataires de services. L’économie dans le secteur de l’environnement et des énergies renouvelables fait travailler aujourd’hui 10.000 personnes.

Pour accompagner ces évolutions, une chaire d’économie environnementale a été créée à l’université dans le domaine de l’éducation à l’environnement, ainsi qu’un centre interdisciplinaire des énergies renouvelables dans le cadre de l’Université solaire.

Fribourg attire ainsi des scientifiques, des politiques, des citoyens intéressés par ces innovations.

 

Depuis 2002, la municipalité est dirigée par un maire « vert ». Tout en veillant à faciliter le développement économique du secteur des énergies renouvelables, en coopération avec l’industrie, l’éducation et la recherche, elle met en œuvre une politique d’économie d’énergie, notamment en effectuant un regroupement géographique des services de la ville, et en imposant le « standard passif » pour ses propres bâtiments en rénovation ou en construction.

Elle intervient en amont dans les projets urbanistiques pour la prise en compte de l’efficacité énergétique. Elle est notamment intervenue en relation constante avec les mouvements citoyens dans l’aménagement de quartiers écologiques, les éco-quartiers, (voir encadré), qui font pour une grande part la renommée de Fribourg.

 

L’intervention municipale est plus globale et ne saurait être développée davantage ici. Elle concerne notamment la gestion de l’eau, la gestion des déchets, la gestion des espaces de loisir et de la forêt.

 

Fribourg peut s’enorgueillir de réels succès en matière d’écologie et de développement durable, notamment dans le domaine des économies d’énergie et de l’aménagement urbain. Mais l’objectif de faire passer à 10% en 2010 la part des énergies renouvelables dans la consommation totale n’a pas été atteint. Et malgré les efforts, la pollution atmosphérique reste élevée. Pour ces raisons, l a municipalité s’est fixé l’objectif ambitieux de diminuer de 40% les émissions de CO2 d’ici 2030, en allant vers une croissance qualitative. La croissance économique que connaît la ville de Fribourg restera-t-elle compatible avec une décroissance énergétique ?

L’exemple de Fribourg montre que les villes et les territoires, bien qu’ils dépendent dans une large mesure d’objectifs et de politiques nationales, peuvent prendre des initiatives dans la lutte contre le changement climatique et impulser une politique de développement durable.

F.Proust

 

Les éco-quartiers Vauban et Rieselfeld à Fribourg

Ecoquartier : quartier aménagé de manière exemplaire en matière de développement durable. Terminés en 2006 et 2010, les quartiers Vauban et Rieselfeld comptent respectivement environ 5000 et 10000 habitants. Suffisamment peuplés, ils ont permis l’installation de nombreux équipements publics et de commerces. Ils ont été implantés dans l’espace urbain de manière à permettre des déplacements courts, à pied ou à vélo. Ainsi, la circulation automobile y est très limitée. De plus, l’implantation d’entreprises a été favorisée, permettant la création de 1000 emplois dans le quartier Vauban. Proches du centre ville, ces quartiers bénéficient d’une desserte fréquente par le tramway et le bus. Les immeubles, de cinq étages maximum, sont regroupés pour former des allées. Dans ces allées sont installées des jardins, mais aussi des espaces de jeux pour les enfants. Pour encourager la variété architecturale, la conception des maisons d’une même rue a été confiée à différents promoteurs. La conception cubique des habitations, la mitoyenneté des immeubles (construction dense), l’isolation des murs, des toits et le triple vitrage permettent une faible consommation énergétique. Tous les bâtiments répondent aux exigences du label « habitat à basse consommation d’énergie ». Aucun ne consomme plus de 65 kw/m2/an. La chaleur est fournie par une centrale à cogénération* fonctionnant à partir des copeaux de bois récupérés de l’exploitation forestière du massif de la Forêt Noire. Des panneaux solaires installés sur chaque immeuble fournissent une électricité d’appoint. Certains immeubles sont équipés de toitures végétales, qui permettent une réutilisation d’une partie des eaux de pluie. D’autres disposent de citerne de récupération. Enfin, un système de noues et de tranchées filtrantes alimente la nappe phréatique. Ces quartiers sont habités en majorité par des personnes aisées appartenant aux classes moyennes. Mais les projets d’écoquartiers mettent en avant la volonté de mixité sociale. Dans le quartier Rieselfeld, 30%des logements sont réservés à des personnes à faible revenu. Enfin, ces quartiers se sont créés avec une participation active de la population. L’engagement citoyen paraît être le corollaire de la construction de ce type de quartier.

*Les centrales à cogénération produisent à la fois chaleur et électricité. Elles sont caractérisées par leur haut rendement énergétique.



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