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Deux poids, deux mesures

Il y a les Roms, les migrantEs de Calais, les jeunes baba cool écolos... Ils sont ceux qui cherchent à intégrer le monde occidental ou qui veulent le changer. Dans tous les cas, ils ne sont pas dans le système. La plupart du temps, ils n’ont pas accès au marché du travail ni à l’essentiel des aides publiques. Ils ne sont pas concernés par la recherche obsessionnelle du profit, par les dividendes. Ils aspirent simplement au bien-être, à une qualité de vie qui leur permet de s’émanciper et, pour certains comme Rémi Fraisse, à profiter des simples joies de la nature. Ceux-là n’ont pas le droit d’exercer leurs droits en toute sécurité. Ce sont les faibles.

Il y a les rentiers. Ceux qui bénéficient des rentes illimitées de la finance mais qui ne payent pas d’impôts en France. Ceux qui profitent de la spéculation immobilière sur le dos des mal-logés. Ceux qui bénéficient d’importantes subventions européennes pour l’agriculture ou de rabais fiscaux parce qu’ils sont avionneurs ou transporteurs. Ils sont les tenants d’un ordre qui les sert. Ils sont bien organisés, regroupés en corporations ou lobbies qui protègent leurs intérêts particuliers. Ceux-là ont le droit de ne pas respecter le droit en toute impunité. Ce sont les forts.

Aux premiers, on ne cesse d’opposer l’ordre républicain, la responsabilité, la sécurité et l’idée de l’Etat de droit. On ne discute pas avec celles et ceux qui contestent l’ordre établi. Tout dialogue est impossible. Toute décision prise sous couvert d’une démocratie représentative rongée par le cumul dans le temps et les conflits d’intérêts est immuable.

Aux seconds, on propose écoute, dialogue et rallonges d'argent public. Leurs coups de force sont impressionnants. Quand ils manifestent, ils brûlent des équipements publics, bloquent des autoroutes, vandalisent les permanences de partis, massacrent des animaux et menacent des ministres. Mais il « faut les comprendre ». Ils ne font qu’exprimer la colère de voir leur rente menacée par les bouleversements du monde.

Il y a bien deux poids, deux mesures. L’autorité de l’Etat s’est tellement affaiblie ces dernières décennies qu’il en est réduit à la mettre en scène pour démontrer qu’il lui en reste encore un peu. Elle est démesurée dans certains cas, absente dans d’autres.

Or, quand elle n’est pas basée sur la justice, l’autorité n’est plus respectée mais subie. Elle n’est plus la garante du bien-vivre ensemble mais l’expression d’une force brute et arbitraire qui vient d’en haut. Elle n’est plus qu’autoritarisme, soit l’arme des faibles contre les faibles, l’indigence du pouvoir contre les forts.

Si l’Etat veut stopper cette spirale, il ne peut le faire qu’en retrouvant le chemin d’un dialogue juste, c’est-à-dire ouvert à toutes et tous, et en engageant une profonde rénovation de notre démocratie. Les citoyens ne croient plus en l’homme politique providentiel. Ils veulent récupérer une partie des leviers d’action et prendre leur destin en main. La démocratie représentative doit déléguer une partie de son pouvoir à la participation citoyenne. Cela passe nécessairement par l’avènement d’une nouvelle République et le retour d’une certaine idée de la morale en politique, par un renouvellement de la classe politique et une lutte accrue contre les conflits d’intérêts.

Emmanuelle Cosse - Secrétaire nationale d’EELV





 

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