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De Cattenom à Montreuil : cheminement vers l'action militante

Je lis le témoignage de Mireille, j’écoute et je regarde ceux, filmés, de Véronique, David, Pascal … et me vient l’envie de témoigner aussi, non pas par désir de « coming out » (quoique…), mais parce qu’il me semble essentiel, à ce stade de la mandature, de dire et redire ma conviction intime, par rapport à l’action de l’équipe municipale :

  • L’inéluctabilité du changement de paradigme sociétal
  • La justesse du projet porté par cette équipe municipale
  • La puissance des graines semées

Transgresser ? Même pas en rêve !

Issu de la classe moyenne provinciale, toute petite bourgeoisie paysanne et commerçante (peut-on parler de bourgeoisie ??? par le poids du conformisme, sans aucun doute …), je suis originaire d’un gros bourg de 2000 âmes, aux confins des terres froides de l’Est… tristement célèbre par l’une des « grosses » centrales nucléaires du parc français (4 x 1300 MW !) judicieusement positionnée à la frontière germano-luxembourgeoise : Cattenom.

Emblématique de la lutte écologiste des années 70-80, la construction de ce monstre a sans doute été, pour moi, aux origines d’une conscience politique « verte » qui, si elle ne s’est pas manifestée à cette époque, n’en a pas moins été définitive.

A 13 ans, je voyais la violence de la puissance mécanique tarir ce ruisseau où nous construisions des barrages, raser cette forêt qui était notre territoire de jeu, bouleverser ce paysage qui marquait les limites de notre monde. Exit l’enfance, ses rêves, ses illusions.

A 13 ans, je voyais mes copains-voisins partir aux manifs avec leurs parents ; ils étaient fiers comme des papes – comment ne le serait-on pas, à 13 ans, animé de ce sentiment de puissance collective, et de justesse de la cause défendue. Ces départs avaient des airs de fête joyeuse avec des banderoles, de la couleur, des slogans, de la musique, une fraternité… je n’en étais pas, la mort dans l’âme.

Frappé d’un interdit parental sans appel.

Car mes parents étaient de l’autre camp, celui de cette droite commerçante, catholique, laborieuse, complexée, peureuse, vouant une confiance aveugle en la parole des hommes forts du Gaullisme triomphant : Pompidou, Messmer, Chirac… et une foi indiscutable en la marche inexorable d’un progrès salvateur (et aux promesses d’élévation sociale qui allaient avec…)

Mes copains étaient des fils et des filles de fonctionnaires, des intellectuels idéalistes, des gens irresponsables, en dehors des réalités économiques, pestait mon père … des citadins installés depuis peu dans le lotissement flambant neuf, voisin. Bref, ils n’étaient pas de chez nous… Les autochtones contre les étrangers, et oui déjà,… encore et toujours la méfiance de l’autre… même si nous étions tous bien pâles, bien français… quoique, un peu boche quand même… mais ça c’est une autre histoire.

Transgresser ? Même pas en rêve ! Par crainte du courroux paternel, certainement (une raclée de mon père, bien que rare, était en générale cuisante …) mais aussi parce que j’aimais mes parents ; c’eut été une trahison, l’affirmation d’une position qui pouvait avoir une influence néfaste sur les affaires, le commerce, notre gagne pain.

Premier conflit intérieur d’une conscience politique qui s’éveille en décelant des contradictions profondes sans pouvoir les nommer...

Tchernobyl, Cohn-Bendit et ... une ex-ministre en jean

Je ne suis jamais passé à l’engagement militant actif. Tracter, défiler, crier des slogans… trop peu pour moi ! Trop de temps perdu, inefficace, inutile, et puis aussi, déjà, cette difficulté d’aller vers l’autre, de trouver les mots pour argumenter, convaincre, défendre une conviction… je préférais l’action dans une vie professionnelle que j’imaginais créative, intense, ambitieuse, accomplie. Mes trophées de militance étudiante se résument à quelques manifs, en 1980, (première année d’études supérieures), pour réclamer des tabourets, des tables à dessin et un peu de matériel…

Pour autant ma conscience politique s’est construite, peu à peu, par tâtonnement. Bien que n’ayant pas voté pour Mitterrand en 81 (dernière fidélité politique à ma famille …), mes affinités ont été, depuis lors, clairement à gauche. D’abord socialiste, puis assez vite, écologiste : Tchernobyl en 86 et puis bizarrement, loin des préoccupations strictement environnementales, ce fut, en 92 le référendum sur le traité de Maastricht et l’évidence des arguments de Daniel Cohn-Bendit dans ses diatribes fougueuses pro-européennes qui emportèrent mon adhésion définitive.

Mon engagement militant est donc extrêmement récent : 2008 et la campagne municipale de Montreuil - enjeu on ne peut plus « local » ! Et un effet déclencheur : une réunion d’appartement chez une copine-voisine où Dominique Voynet est arrivée toute seule en jeans (une ex-ministre en jeans, rendez-vous compte !)… Elle a parlé d’elle, de son parcours politique, de son départ de Dôle, de son installation à Montreuil. Elle a exposé son analyse de la situation municipale et j’ai découvert une personne qui connaissait précisément la ville, sa population, ses quartiers, sa géographie, son histoire. Il n’y avait pas de complaisance dans son propos, aucune démagogie, plutôt une lucidité honnête et courageuse sur les limites des possibles. Elle a parlé du groupe de campagne aussi, ce 1/3,1/3,1/3 (verts/ socialiste/société civile) et de la nécessité de changer la façon de faire de la politique. Ça m’a plu ! Je suis sorti de là enthousiasmé ! Pour la première fois de ma vie, la quarantaine bien tassée, je me suis enchaîné les meetings de campagne, les séances de tractage, de boîtage et les slogans lancés à la volé (même pas peur…) !

Dans la foulée, je faisais ma demande d’adhésion chez les Verts.

 

Christian Hackel

Montreuil, le 26 janvier 2012

 


 

 



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